Les larges études souvent financées par des organismes internationaux offrent souvent une image instantanée des avancées et des reculs de la santé publique qu’il convient de discuter car elle rappelle une donnée de bon sens : pour que la population soit en bonne santé et vive bien et longtemps, il faut investir dans tous les domaines de la santé. Ainsi, dans une très large étude publiée par the Lancet en 2025 sur la période 2010-2023 sur 375 maladies diverses mesurant les facteurs de risque sur 310.000 sources d’information en termes de la charge mondiale de morbidité. En mesurant les années de vie ajustées sur l’incapacité pour une raison ou une autre, pour cette période donc en comptant les années covid, les auteurs arrivent à plusieurs conclusions intressantes.
Ainsi, d’après ces analyses, les principales pathologies associées étaient les cardiopathies ischémiques, les accidents vasculaires cérébraux et le diabète. Les augmentations les plus importantes des taux standardisés selon l’âge depuis 2010 ont été observées pour les troubles anxieux (62,8 % [34,0–107,5]), les troubles dépressifs (26,3 % [11,6–42,9]) et le diabète (14,9 % [7,5–25,6]). Des progrès remarquables ont été réalisés en matière de santé dans le domaine des maladies transmissibles, maternelles, néonatales et nutritionnelles, avec une baisse de 874 millions en 2010 à 681 millions en 2023, soit une réduction de 25,8 % des taux standardisés selon l’âge. Les troubles néonataux et les infections des voies respiratoires inférieures sont restés les principales causes d’atteintes de niveau 3 à l’échelle mondiale en 2023, bien que tous deux aient enregistré une baisse notable depuis 2010, de 16,5 % et 24,8 % respectivement.
Les facteurs qui ont le plus contribué à réduire les années de vie ajustées sur l’incapacité sont l’hypertension, le tabac, la pollution, notamment des petites particules, et un faible poids à la naissance. On retrouve ensuite l’importance de l’obésité, et de la consommation de drogues en plus des problèmes sanitaires bien connus comme l’accès à l’eau potable. La conclusion de cette revue basée sur des millions de données mérite d’être citée de façon intégrale “Pour garantir le bien-être humain, la stabilité économique et l’équité sociale, les mesures mondiales visant à maintenir et à améliorer les acquis en matière de santé doivent donner la priorité à la réduction des disparités en s’attaquant aux déterminants socio-économiques et démographiques, en garantissant un accès équitable aux soins de santé, en luttant contre la malnutrition, en renforçant les systèmes de santé et en améliorant la couverture vaccinale. Nous vivons une époque riche en opportunités“. Les syndromes néonataux comme les Troubles du Spectre autistiques entrent bien dans ce cadre sachant qu’ils naissent in utero et que la maternité et essentielle dans ce cadre. Ils soulignent l’importance de la vision globale des problèmes de santé publique et rappelle combien les investissements en santé publique sont bénéfiques y compris sur le plan financier. IL semble que les politiques soient incapables à vraiment réaliser, ce type de données, préoccupés à surtout respecter des critères (PIB, % etc) qui sont des visions partielles et à court terme. La sortie de l’OMS des USA de Donald Trump II, va certainement impacter ces chiffres comme on le verra dans la prochaine étude de ce type mais on espère d’ici là que peut-être d’autres visions de l’importance de l’approche globale de travaux sur la santé sera réexaminée autrement par les futures administrations US. En tt cas, cette richesse d’opportunité sera évaluée à cette aune.
Lancet 2025- Burden of 375 diseases and injuries, risk-attributable burden of 88 risk factors, and healthy life expectancy in 204 countries and territories, including 660 subnational locations, 1990–2023: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2023 GBD 2023 Disease and Injury and Risk Factor Collaborators*




