On a tous l’habitude de désigner syndrome d’Asperger celui des autistes savants capables de citer 1000 chiffres après le fameux 3.14, ou de dessiner avec précision toutes les fenêtres d’une ville qu’ils ont survolé en hélicoptère, ou encore de réciter le Bottin en grande partie etc. D’ailleurs nombre de grands savants ont ce syndrome -comme d’ailleurs de milliardaires à la fois géniaux et dangereux comme Elon Musk ou nombre de dictateurs et d’écrivains. Pourtant cette description d’un syndrome particulier a disparu des classifications officielles et de la bible des classifications des Troubles du Spectre Autistique (TSA) la fameuse DSMV (Diagnostic and Statistical Manuel of Mental Disorders ) qui inclut dorénavant toutes les formes d’autisme.
Mais qui est Hans Asperger ?
Un pédopsychiatre autrichien opérant à Vienne qui aurait découvert les « facultés spéciales » de certains enfants autistes ayant une forte capacité mnésique notamment. Il avait composé une légende dorée- résistance aux nazis, sauvetage de nombreux enfants juifs etc. La vérité est toute autre- il a épousé dès le début les thèses nazis et effectué un tri mortifère des enfants juifs ou simplement handicapés ne correspondant pas aux critères ariens qu’il envoya à la mort dans des services spécialisés de la capitale autrichienne se trouvant à côté du service de pédopsychiatrie – un partage des taches en quelque sorte. Il est arrivé à échapper à toute poursuite après la guerre, terminant sa vie tranquillement dans son lit en 1980 sans voir été jugé.
Ce sont des pédopsychiatres anglais qui ont découvert les articles d’Asperger et publicisé le nouveau diagnostic d’enfants autistes ayant des propriétés particulières. Et du coup, la connotation syndrome d’Asperger. Pourtant dès 1944, il avait publié un article avec un langage nazi, indiquant que « l’autiste n’est que lui-même et n’est pas membre actif du grand organisme ». Asperger adopte aussi le concept central de la psychiatrie nazie, le Gemüt (ndlr : l’âme, le sens de la communauté), considérant l’autisme comme une dysharmonie du Gemüt. L’autisme était à l’opposé du nazisme qui repose sur le groupe là ou l’autisme repose sur le soi. Reste qu’en plus de ses crimes, il a usurpé des découvertes faites par d’autres. En effet, une pédopsychiatre Russe d’origine Ukrainienne, la Dr Sukhareva dès 1921avait déjà décrit -avant même Kanner considéré comme le découvreur de l’autisme –différents types d’enfants autistes. Publications traduites pourtant en Allemand plus tard et publiées dont Asperger devait avoir connaissance en 1944 quand il publie son article. Ce n’est certes pas la 1ère fois qu’une femme disparaît de l’histoire des découvertes mais elle est édifiante car autant la Dr Sukhareva avait l’empathie pour ses patients essayant de les classer dans l’univers des désordres qu’il faut traiter avec bienveillance, autant le mépris d’Asperger pour ces enfants ressort bien de sa vie et de ses activités.
Conclusion, retenons que ces enfants, ne représentent qu’une minorité de l’autisme, ne partageant avec la majorité que la difficulté de sociabilisation et de communication. IL va falloir s’habituer à les nommer autrement : Autistes de haut niveau ? Les progrès des diagnostics commencent enfin à regrouper sur des bases différentes les populations hétérogènes des Troubles du Spectre autistique.
Liens et références : Edith Scheffer – les enfants d’Asperger (Flammarion).




