Innovation et thérapeutique- oui mais !

La mode en recherche comme en art est avant tout à l’innovation ! il faut du neuf, du jamais fait. Demain on va tout guérir grâce à l’IA, les biotech, la génétique et l’immunothérapie. On annonce des plans à 7.5 Milliards pour soutenir IA, maladies infectieuses, soigner mieux, lutter contre la perte d’autonomie etc. faire de la France le leader en recherche et développement de nouvelles thérapies, l’idée est excellente comme dirait le Grand Georges, reste que cela nécessite une alchimie complexe d’interactions R&D académique – qui fournit les concepts et d’investissements privés qui manquent le plus souvent à l’appel. L’état fait pas mal avec BPI, CIR pour les petites entreprises (malgré des excès auprès d’entreprises qui n’ont rien à voir avec R&D) et une énorme défaillance avec un excès aberrant de guichets qui chacun gaspille en administration, y compris dans les grands organismes publics avec leurs structures de valorisation.

Mais, ici je souhaite parler plutôt des dangers de l’innovation à tout prix. Dire que l’on va grâce à la médecine personnalisée Guérir les maladies notamment neurologiques et psychiatriques s’apparentent à des vœux pieux ! On ne « guérira » pas au sens étymologique du terme -avant j’étais malade et après traitement je ne le suis plus! Car le cerveau est plastique et se réorganise après évènement pathologique avec des nouvelles connections et des réorganisations de structures cérébrales. C’est vrai aussi de pas mal de tumeurs et d’une longue série de maladies, car elles se sont déclenchées bien avant les premiers signes cliniques et les réponses du système à ces agressions font parties de la maladie et les traitements ne vont pas abolir ce qui s’est passé avant traitement. Ce n’est pas seulement la cible directe qu’il faut viser mais l’historique des effets de cette première agression. Exemple, l’autisme naît in utero et produit des changements des années avant le diagnostic et les changements produits sont là et ne partiront pas – les neurones qui ont mal migré ne vont pas retourner à leur place comme si de rien n’était. On doit être Humble, on veut un diagnostic le plus précoce possible puis des traitements qui atténuent autant que faire se peut la vie sociale dans le cas de l’autisme par exemple.

Du coup, se pose une 2ème question. Les solutions qui doivent être proposées doivent aussi tenir compte de l’économie de la santé. Les médicaments innovants- magiques – que l’on nous propose sont souvent incompatibles avec les moyens de l’état et des mutuelles. Tel médicament pour traiter la mucoviscidose va couter 40 fois le prix de revient ; la majorité des traitements de cancers par immunothérapie – sans vouloir critiquer leur efficacité- sont fort onéreux. Il y a une tendance générale à produire des médicaments chers car censés être plus performants. Tel médicament approuvé par la FDA pour la maladie d’Alzheimer alors même qu’il atténuait les signes anatomopathologiques du syndrome mais pas les pertes de mémoires et les signes cliniques ; situation bizarre qui a entrainé la démission collective des conseillers de la FDA dans ce domaine posant la question de savoir ce que nous voulons traiter.

On peut regretter l’absence d’attraction de molécules repositionnées. On a pas mal fait dans le passé une médecine basée sur des repositionnements qui ont une certaine efficacité. Ainsi, pour traiter des glioblastomes, on peut augmenter la survie de quelques mois -parfois d’1an- avec des traitements génériques comme nous et d’autres étudions (cf une équipe du John Hopkins -US). Certes, c’est moins ambitieux que les super-drogues miracles mais à côté de ces approches modernes, il me semble qu’il faut revoir les aides au repositionnement qui sont compatibles avec la situation économique. La technique et la technologie restent de merveilleux serviteurs mais de très mauvais maîtres !   

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