La Science ne sait pas tout ! pourquoi l’Univers semble s’étendre ? pourquoi et comment naissent certains cancers et maladies cérébrales et comment les traiter ? Par contre, quand elle démontre un fait, ne pas en tenir compte revient à préférer les fakes news à la réalité et utiliser plus ses jambes que son cerveau.
Les lois présentées par le Sénateur Duplomb – au demeurant responsable de la FNSEA et cultivateur de son état donc un bon défenseur de sa chapelle- entre dans ce cadre. On ne peut simplement pas contester que l’acétamipride et ses molécules cousines tuent les abeilles, de façon systématique et efficace et en passant causent des cancers mortels chez les intéressés en premier et chez les voisins de champs de pesticides. Il en est aussi ainsi des maladies cardiovasculaires, des cancers du foie et du pancréas et des maladies notamment cérébrales générées quand la femme enceinte vit proche de ses champs avec une augmentation des malformations et des maladies neurodéveloppementales.
Quand la ministre Génevard en grande défenseur des agriculteurs déclare que cet insecticide est présent partout, elle colporte des fake news, selon l’ANSES, ce produit est effectivement présent dans 261 des 40000 produits autorisés sur le territoire et aucun n’a été autorisé de mise sur le marché car n’ayant pas été soumis à des études de toxicité.
Dire que des études ont montré son innocuité, constitue une seconde fake news ! les études le suggérant sont pour l’essentiel entachées par de sévères conflit d’intérêt ; les autorités Bruxelloises ayant une fâcheuse tendance à choisir les « experts » directement auprès des lobbys de la grande industrie et exclure les seules études sérieuses menées par de vrais experts n’ayant aucun conflit d’intérêt. Nous les scientifiques faisons évaluer nos travaux par nos pairs que nous ne choisissons pas, sinon nos travaux seraient entachés d’une suspicion légitime et devons en plus déclarer dans chacun de nos articles nos conflits d’intérêts. Si la toxicité est déterminée par les représentants de l’agrochimie, même le cyanure serait décrété sans aucune toxicité. Les témoignages glaçants de Fleur Breteau « voter pour la loi Duplomb c’est voter pour le cancer » sont là pour nous rappeler la gravité de ce qui se passe !
Quant à l’environnement, l’acétamipride se dégrade très lentement dans l’eau, après avoir pollué nos sources d’eau et se retrouvé partout dans nos corps. Au niveau Européen sa demi-vie est estimée à 79,7 jours et se retrouve même dans des eaux de pluie (étude récente japonaise).
Quant à l’argument, nous sommes les plus protecteurs, les autres Européens font pire, là aussi fake news. La quantité de pesticides épandue sur des champs Français 3,45kg/ hectare place la France en seconde position en Europe derrière l’Italie. En termes de substances autorisées, 298 sur 422 substances actives sont autorisées (juste derrière l’Espagne avec 317). Puis, quand bien même, les autres agriculteurs veulent se tuer en manipulant ces produits, et en passant accroître le cancer dans la population, devons-nous les imiter ? devons-nous aussi massacrer notre biodiversité et nos rivières ? Drôle de logique.
Enfin, tuer les abeilles- et autres insectes veut dire transformer nos champs en champs silencieux comme montré depuis 60 ans par Rachel Carlson, (le printemps silencieux) voire aussi le livre de Nicolas Legendre (Silence dans les champs). Cela implique in fine aussi en partie impacter la pollinisation des noisetiers et plus complètement des centaines de plantes maraichères et fruitiers qui seront abandonnés. Pas Grave nous pourrons toujours concentrer notre nourriture sur des noisettes et des betteraves quoi que la palette de recettes soit un peu restreinte. Les agriculteurs qui préfèrent tuer insectes, eux-mêmes et leurs voisins feraient mieux d’utiliser leurs cerveaux plutôt que leurs muscles d’autant que des alternatives existent. Les agressions tolérées par les autorités politiques qui n’ont aucun équivalent pour d’autres professions affaiblit la démocratie et renforce les plus agressifs parmi les agriculteurs et l’extrême droite dont l’amour de la science est très modéré. Puis s’il n’y a pas d’alternative pour sauver noisette et betteraves, je préfère comme dit le Grand Georges « mourir pour des noisettes et des betteraves, d’accord mais de mort lente ».
Photo József Szabó – Unsplash




