Dans une interview réalisée par la journaliste Anne Guion, j’ai répondu à quelques questions en insistant sur l’importance de la maternité, qui est la période la plus fragile en ce qui concerne la pollution en général et les pesticides en particulier (voir également l’article ci dessous). Avant l’arrivée de Trump, des travaux d’exception avaient montré que l’incidence de l’autisme et des maladies cérébrales augmente chez les femmes enceintes situées à 500 mètres ou 1,5 kilomètre de champs de pesticides, la gravité de ces effets dépendant du type de pesticide (Shelton et al.). Dans la rubrique de Guion, j’insiste sur :
« La construction du cerveau est une succession de rendez-vous qui ne souffrent aucun retard ou raté. Chaque rendez-vous manqué peut causer des séquelles neurologiques et psychiatriques majeures, comme la schizophrénie ou l’autisme. Or, on sait aujourd’hui que la pollution atmosphérique vient perturber ce ballet, d’autant plus que tout ce qui est respiré par la mère passe directement au fœtus, sans les mécanismes de protection dont dispose un cerveau adulte. Ces perturbations précoces ont des conséquences irréversibles, comme le résume le chercheur » De plus, « On ne guérira pas ces maladies qui sont déjà comme programmées ; les neurones qui n’ont pas pu migrer à cause de la pollution ne vont pas repousser ensuite. Mais on peut les atténuer si ces dommages sont repérés le plus tôt possible ».
Face à cette menace invisible mais omniprésente, la seule solution demeure la prévention.
Un travail publié par Le Monde montre aussi l’existence de clusters de cancers pédiatriques à La Rochelle dans des régions proches de champs d’épandage de pesticides. Ce qui manque, c’est une étude plus rigoureuse reliant le type de pesticide et la distance avec les femmes enceintes (voire les jeunes bébés). Le problème est que ce type de recherche, les politiques n’en veulent pas – par peur de froisser les agriculteurs – et les pharmas ne vont pas financer ce genre de travail. Il n’y a donc guère de financement pour ce qui aurait dû être une priorité absolue. Dommage, car tout cela se paie par des vies gâchées, sans parler des dégâts environnementaux. Il faudra pourtant un jour revenir à la raison et essayer une autre vision de l’agriculture, une qui respecte la biodiversité, notamment…




