Il faut dire que cela fait des lustres que l’on cherche des auto-anticorps chez des malades notamment des épileptiques pour expliquer la persistance des crises. L’idée de façon simplifiée est que le corps fabriquerait des anticorps contre des protéines importantes, neutralisant leurs actions un peu comme s’ils avaient été soumis à une injection d’un antagoniste ou un inhibiteur de cette cible, à ceci près qu’elle est endogène. Imaginez votre corps fabricant un agent qui vous rend gravement malade. Pendant longtemps, quelques articles scientifiques ont suggéré cette possibilité mais ont été infirmés rapidement.
Puis vers 2007, Un chercheur/clinicien allemand Josep Dalnau découvre des anticorps ciblant les récepteurs NMDA dans le corps de patients souffrant de dépression sévère. Pour rappel, le récepteur NMDA est un récepteur jouant un rôle majeur notamment dans les processus mnésiques et d’une façon générale l’intégration neuronale. Des antagonistes de ce récepteurs ont été envisagé à un moment notamment comme antiépileptiques avant de s’avérer dotés d’actions gravement handicapante avec une proximité d’effets de certains hallucinogènes/drogues de synthèse. Un bloquant de ces récepteurs pouvant logiquement avoir des tas d’effets néfastes sur le cerveau et comme il est fabriqué à demeure, on comprend ses méfaits.
Depuis, une quinzaine de maladies neurologiques et psychiatriques graves ont été décrites chez différents patients. il est intéressant de souligner qu’une infection virale peut causer l’expression de cette fabrication d’auto-anticorps. Il convient aussi de souligner que le traitement est pour l’essentiel basé sur des antiinflammatoires (cortisone souvent) ce qui rappelle combien l’inflammation est au cœur de ces maladies comme elle est au cœur de syndromes comme l’autisme (voir mon blog). Alin Sternberg était une étudiante brillante de médecine, et soudain elle a commencé à grossir, avoir des graves problèmes musculaires et finit par perdre tout rapport avec la vie avec notamment une impossibilité de retrouver sa maison. Une recherche d’autoanticorps révèle effectivement des auto-anticorps contre une protéine d’association (la protéine Like 2) qui est essentielle pour la transmission synaptique. Un traitement intra-veineux de cortisone l’a remis complètement en forme comme si de rien n’était. a L’évidence cependant, ces traitements ne peuvent pas être pris de façon continue étant donné la vulnérabilité aux infections et une course contre la montre est en cours pour trouver des anticorps monoclonaux pour remplacer la cortico thérapie.
Depuis, cette approche est conjuguée au pluriel dans la maladie d’Alzheimer et bien d’autres. Ceci me rappelle ces observations étonnantes de léthargie permanente de personne qui semblent mortes sur le plan neurologique, en tout cas incapables d’aucune manifestation et interaction. Or l’administration de valium – qui normalement produit des effets type somnifères et anesthésiques – au contraire les réveille d’un coup. La leçon de cette histoire est qu’il ne faut pas craindre de ne pas être raccord avec les modes dominantes. Il faut aussi souligner combien ces maladies psychiatriques sont hétérogènes pour leur genèse mais ont in fine en commun d’avoir une composante inflammatoire comme si cela était une voie finale commune.
Photo : Science.org / Thomas Müller displays his artwork, some of which was inspired by his experience with psychosis brought on by autoimmune encephalitis. Lena Giovanazzi




