Enfin une réflexion censée sur la guerre en Palestine (et les guerres général): Catherine Hass

Dans un monde cerné par le court-termisme et l’absence d’analyse cohérente, on ne peut qu’être saisi par cette analyse d’une anthropologue et chercheuse associée à l’Ecole des hautes études en science Sociale- Catherine Hass. Elle se posait la question –suite à la mort de sa sœur tuée dans l’attentat suicide du Hamas dans un café à tel Aviv- si l’adhésion aux principes d’une cause, d’un combat, entraîn[e] de facto l’accord avec son faire, quel que soit ce dernier, donc y compris par des tirs dans le tas ». son hypothèse est que les guerres d’aujourd’hui détruisent toute possibilité qu’il en soit autrement en détruisant toute politique. Le refus de Netanyahou de considérer « la suite -l’après GAZA et 7 octobre » « exemplifie le rejet de tout possible, d’une politique autre que la guerre… de facto impliquant que la guerre n’a pas d’autre but elle est forcément sans fin et donc sans possibilité de paix. Qui énonce en Israël un possible de paix est ramené au 7 octobre et à la figure de traitre, y compris ceux qui veulent le retour des otages. Du coup, la guerre contre le Hamas n’est plus qu’un prétexte, il s’agit du coup de la guerre d’un état contre un peuple et celle de son pays en devenir-La Palestine. Du coup, on comprend mieux pourquoi il faut tout anéantir, les sites historiques, les mosquées, les archives, cimetières, Hôpitaux, infrastructures et même champs de plantation. Tout ceci ne saurait justifier le 7 octobre car plus qu’un acte de terrorisme, car par cet acte et des horreurs associées, le Hamas déclare la guerre et apparaît malgré l’évidence contraire comme une menace existentielle. On ne saurait se réjouir que par cet acte de barbarie le Hamas ait ramené la question Palestinienne au-devant de la scène car on ne peut pas se réjouir de cette politique de désastre y compris politique.

Une des conséquences de cette « guerre contre le terrorisme » est que l’ennemi devient la forme du mal et n’a plus de statut politique. Il n’y a donc pas d’autre possibilité que de l’anéantir. cette guerre comme d’autres -on pense notamment à la Syrie ou l’Irak- les civils sont les ennemis et pas des cibles involontaires, des « dégâts collatéraux ». « Le verrouillage gouvernemental et médiatique et ses relais dans l’opinion jouèrent un rôle majeur puisque quiconque s’éloignait de la qualification « terroriste » prenait le risque du soupçon d’antisémitisme ou d’apologie de terrorisme ; rien ne procéda du débat ou de l’affrontement de désaccords, aussi violents soient-ils, mais d’une criminalisation instantanée, avec son corollaire contemporain, le bannissement ». La fusion antisémitisme /antisionisme va permettre au front national et à d’autres de brandir un philosémitisme aussi soudain que vain, il ne faut jamais oublier que l’arabe d’aujourd’hui est le juif de demain. L’opinion occidentale tente de dissoudre leur culpabilité de l’assassinat de millions de juifs – et bien plus au cours de l’histoire. Dans ce contexte, il faut considérer Israël non pas comme un état juif mais un état tout court. Pour les Palestiniens, l’ennemi ce n’est pas les juifs mais l’Etat, la colonisation et les colons!

Pour conclure, l’auteur(e) rappelle que « De même que l’Afrique du Sud, la situation en Israël-Palestine est celle où aucune population n’a de pays de rechange : deux peuples pour un seul pays. Par conséquent, chacun le sait, seule une reformulation de la question nationale permettrait de sortir d’une logique de guerre ». cette société se précipite vers sa propre destruction, son statut d’impunité ne peut que l’encourager vers « Masada).

https://www.mediapart.fr/journal/international/200324/catherine-hass-si-la-guerre-est-sans-elle-est-necessairement-sans-fin

Photo de Mohammed Ibrahim sur Unsplash

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