L’imagerie cérébrale pour montrer des différences entre les cerveaux mâles et femelles ?

A priori, ce n’est pas un scoop, nous sommes différents (es) sur les plans biologiques et certains organes sont présents chez Madame pas chez Monsieur et vice et versa. idem pour certains hormones et réactions -par exemple plus d’empathie chez madame en général que chez Monsieur.

Et le cerveau ?  Cela fait des lustres que des études nombreuses suggèrent des différences mais en général les études sont critiquées, un cerveau plus grand, oui souvent, mais le volume et la taille des corps diffèrent aussi ce qui réduit les conclusions de ce type d’approche. Et de toute façon il n’y a pas de relation univoque entre taille du cerveau et fonctions cognitives ou intelligence.

Un travail récent aborde ce problème sous l’angle de l’activité cérébrale mesuré par imagerie. On mesure les activités cérébrales dites de mode défaut c.a.d. l’activité mesurée au repos qu’on ne pense a rien ou pas grand-chose et la motricité est au repos. Dans ce travail, les auteurs utilisent une approche de mesurer de façon spatiotemporelle l’activité de réseaux neuronaux afin de déceler des différences entre sexes. Effectuée sur 1500 jeunes adultes (20 a 35 ans), les auteurs observent une différence significative de l’activité des réseaux neuronaux. Avec l’aide d’une approche basée sur L’intelligence Artificielle ces différences sont manifestes entre les activités de repos dans plusieurs structures cérébrales et notamment le striatum et les structures limbiques connues pour leurs rôles dans des activités émotionnelles et motrices (liées souvent à ces mêmes fonctions).  Les auteurs concluent qu’il y a nettement des différences d’activité dues aux différences de sexe, et que donc le sexe est un déterminant biologique de la formation du cerveau et en profitent pour contester l’idée d’un continuum Male/Femelles. Allant plus loin, ils proposent que ces outils pourraient être tuiles pour comprendre et traiter les maladies psychiatriques…

 Le problème ici comme dans les autres travaux d’imagerie c’est que l’on a une image assez indirecte de l’activité et de son contexte. Comment être sûr que ces personnes étaient complètement au repos ? et est-ce que cela ne montrerait que le fait qu’au repos, garçons et filles ne pensent pas des choses différentes ce qui n’implique pas des différences « biologiques » ? Une critique centrale aux conclusions des auteurs touche comme souvent aux causes et aux conséquences. Ainsi, si comme les auteurs le soulignent les différences nettes entre mâles et femelles de certains structures étant donné leurs rôles suggèrent des différentes sensibilités intersexuelles concernant la sensibilité à la reconnaissance, au plaisir, a la reconnaissance dans l’espace etc. est- ce que les observations suggèrent forcément des différences « biologiques au sens engrammées dès le développement différemment ou alors résultant des décennies d’éducation différente ? Bref, le vieux débat entre environnement et génétique – le nature or Nature des anglo-saxons. Je ne pense pas que ces travaux répondent forcément à ces questions. Dans ce but, si la thèse est que ces différences sont biologiques- impliquant que c’est inné et non acquis- il faudrait logiquement montrer qu’elles existent dès la naissance voire chez des garçons et filles de 5-6 ans quand cela est plus facile à faire.

https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2310012121

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