Les vers de terre – le lombric bien connu- avaient déjà attiré l’attention de Darwin qui leur a consacré un volume de travaux… Leurs incroyables bénéfices deviennent enfin lentement un sujet majeur. Songez que leurs capacités à stimuler la croissance végétale est sans égale, leur présence dans la terre augmente les récoltes de 25%, à rapporter aux millions investis par l’agriculture industrielle pour accroître de 1-2% les récoltes. Plus impressionnant encore, le rendement peut être accru de 300% si en plus il voisine avec des résidus végétaux, et d’une fertilisation biologique (paille, composte, fumier). Dans un article de 2023, les auteurs ont calculé la contribution planétaire des vers de terre estimée à 140 millions de tonnes de produit agricole soit 6% de la production mondiale de céréales et qui serait bien supérieur si on les incluait dans le travail de la terre plutôt que les massacrer avec une agriculture intensive. Les chiffres donnent le tournis, ces petits vers peuvent brasser 300 tonnes de terre par hectare/an qui transitent par leurs organismes. On ne sait pas exactement les mécanismes qui soutiennent leurs bienfaits, il y a ce que Darwin avait déjà noté à savoir l’aération produite par l’agrégation de leurs déjections, et la décomposition des matières et leur intégration dans le sol. Les données plus récentes suggèrent aussi une symbiose avec certain microbes bénéfiques qui seraient responsables des effets protecteurs sur les récoltes. Il y a en résumé un triangle plantes/vers/microbes généré au cours de l’évolution avec des bénéfices partagés. Les 2 films joints illustrent à la fois les extraordinaires distances parcourues par ces vers (7m par jour) et leurs capacités à prélever des débris végétaux et les digérer. On comprend mieux pourquoi les pesticides qui les déciment avec une contamination entre 92 et 100 des vers de terres dans les sols.




