Pourquoi les politiques ont tellement de difficultés à comprendre la recherche scientifique ?

Dans un texte concis, approprié, et quelque part un peu triste, Bruno Canard résume à la fois la réaction tardive vis-à-vis du Coronavirus et l’incompréhension des différents échelons politique du fonctionnement de la science et des découvertes.

Les données sont probantes, il y a un rapport direct entre les sommes investies dans la recherche, la production scientifique et les découvertes, et ce quel que soit le pays et le système de financement. Il est tout aussi clair que les pays qui investissent plus de 3% du PIB font mieux que les autres en innovation. La France a en partie perdu sa position dans les classements objectifs car son investissement est inférieur à 3% et ce depuis des décennies. On peut dire qu’à l’exception de quelques époques (De Gaulle, les première années Mitterrand et Jospin), la recherche a été une variable d’ajustement, à cause de l’absence de vision de ce qu’elle apporte à un pays. La recherche publique souffre de ce sous-investissement et cela se manifeste par le départ à l’étranger de nos jeunes étudiants formés en France, une fuite de cerveaux coûteuse pour la suite de notre développement. Il y a un découragement général et la LPPR (Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche) ne va rien arranger car elle témoigne du même aveuglement sur les maux de la recherche.

Il y a ainsi cette administrativite aigüe qui, comme le disait si bien le regretté Brahic, amène la moitié des chercheurs à passer son temps à évaluer ce que l’autre moitié passe son temps à écrire. Ce mal ne concerne pas que la recherche : ce sont aussi les hôpitaux, les écoles, la fonction publique dans son ensemble qui est impactée. Comme le souligne Bruno Canard avec des exemples de son équipe, la passion qui a animée les personnels de la recherche pendant des décennies ne suffit plus, car il faut bien se loger et se nourrir !  Ces exemples peuvent être conjugués à l’infini. La vision des premiers de cordées ne tient pas la route en Science car les découvertes -et entre autres celles qui, le moment venu, permettront de s’attaquer au coronavirus– se basent sur des connaissances acquises pendant des années par des équipes travaillant sur des questions fondamentales de virologie par exemple.

L’incompréhension des échelons politiques du temps de la recherche, long mais essentiel pour la science, est de facto au cœur des problème soulevés par Bruno Canard.

 

Texte de Bruno Canard: Coronavirus : la science ne marche pas dans l’urgence !, Université Ouverte

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