Quand leptine et métabolisme impactent les actions du GABA sur les neurones immatures

Une observation intéressante liant le métabolisme au changement -ou shift- développemental du GABA et aux troubles du développement. En étudiant ce shift développemental du GABA qui est très bien caractérisé -effets excitateurs du GABA sur les neurones immatures et inhibiteurs sur les adultes, JL Gaiarsa, C Porcher et collègues ont testé l’hypothèse que le métabolisme et une hormone majeure la contrôlant -la leptine- ont un impact sur l’évolution temporelle du shift. Ils montrent en effet que la leptine, hormone adipocytaire, donne le tempo à l’émergence de l’inhibition GABAergique dans l’hippocampe de rongeur nouveau-né. En l’absence de signalisation de la leptine, les neurones hippocampiques montrent une apparition prématurée de l’inhibition GABAergique. Inversement, l’obésité maternelle associée à une hyperleptinémie retarde le shift excitation / inhibition de l’action du GABA chez les enfants. Cette étude révèle une fonction développementale de la leptine qui pourrait être liée à la pathogenèse des troubles neurologiques et aide à comprendre comment l’environnement maternel peut avoir un impact négatif sur le développement cérébral de la progéniture.

Il est important de noter que cette étude met en lumière l’importance des paramètres biologiques sur le développement précoce du cerveau et l’impact sur les taux de chlore intracellulaires et la polarité des effets du GABA. Par conséquent, le moment du shift a des effets majeurs sur la pathogenèse des troubles cérébraux, conformément à nos études sur les liens entre ce shift et les troubles du spectre autistique (Tyzio et al, Science, 2014). Il est donc concevable que différentes hormones aient un impact sur le shift développemental au cours du temps et que, collectivement, quand perturbées, elles contribuent à de nombreux troubles du développement. Les liens entre obésité, hypertension et d’autres paramètres pendant la grossesse et l’accouchement et les troubles cérébraux sont bien établis. Déterminer clairement comment les réseaux précoces maturent et sont touchés par des agressions génétiques ou environnementales est essentiel pour comprendre et traiter les troubles cérébraux.

Lire l’article : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30106375

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