Alep ou le remake de Guernica en pire

Institut de neurobiologie de la Méditerranée (INMED).

Le Grand Visage, 2006, sculpture de Jean Leprêtre, bâtiment Inmed, parc scientifique de Luminy, Marseille. © Inserm – Patrice Latron

Comparaison n’est pas raison, il n’en reste pas moins que le bombardement d’Alep par les russes rappelle furieusement celui de la Luftwaffe à Guernica. Malgré des différences d’époque, le soutien apporté au boucher de Damas par un dictateur qui a acquis ses lettres de noblesses en Tchétchénie et ailleurs rappelle celui apporté a Franco par Hitler. L’aide décisive de Poutine va permettre au boucher de Damas d’éliminer son peuple qui a voulu respirer un peu après des décennies de dictature Nord Coréenne. La terreur semée par des bombardements aveugles sur tout ce qui bouge, femmes, enfants et hôpitaux est efficace. Pour un dictateur pas soumis aux aléas de l’opinion publique, la terreur ca marche. Cela va même permettre au tsar de toutes les Russies de revenir à la table des grands.

L’extraordinaire vacuité et la nullité des puissances occidentales rappellent aussi furieusement les années 36-40. On intervient oui, non, peut être et entre temps on laisse aux assassins le champ libre pour accomplir leurs méfaits. Aujourd’hui comme hier on fait semblant de négocier à Genève ou à Munich, on est « neutre » et on ne « rajoute pas la guerre à la guerre ». Les dictateurs ont un autre agenda. Et comme disait le lion au cigare, on a voulu éviter la guerre on aura la guerre et le déshonneur.

Aujourd’hui plus qu’hier, les démocraties occidentales, soumises aux aléas des élections, des sondages et de l’opinion publique, brillent par leur incohérence. Certes, l’histoire récente nous enseigne que les interventions des occidentaux se soldent par des échecs systématiques. De l’Afghanistan en passant par l’Iraq, la Lybie, la Syrie et même le Vietnam, les Américains et leurs alliés ont échoué dans toutes leurs entreprises depuis la deuxième guerre mondiale, soit en étant vaincus sur le terrain, soit en aboutissant malgré la mort de milliers de civils à un pouvoir qui n’est pas celui pour lequel on était censé se battre. En Syrie, afin de pouvoir se féliciter d’avoir réduit les interventions des marines et pilotes US avant la fin de son mandat, Obama restera dans l’histoire comme le prototype du bon parleur, rationnel et plein de bonnes intentions mais avec un cynisme qui force l’admiration. Le but est de sortir du guêpier que l’on a contribué à créer. Quand aux européens, mis à part la volonté de laisser les réfugiés là où ils sont, rien de neuf sous le soleil. On ne s’occupe que de ce qui gêne : les terroristes de Daech. Du coup, la question qui se pose est la suivante : sachant que depuis le Vietnam, exception faite des Russes, les démocraties occidentales ne peuvent plus massacrer en masse et volontairement des villes comme Alep, devraient-elles donc reconnaître leur impuissance et ne plus intervenir ?

Somme toute, au vu des évènements récents, cela serait bien plus sage.  Faut il rappeler dans quel état se retrouve l’Irak ou la Lybie après ces interventions ? Reste la magie du verbe et de la morale. Il faut aggraver le blocus économique et défendre la justice et les principes car finalement l’échec des politiques nous enseigne que la morale vaut bien qu’on la défende. La place des Poutine et Assad est à la Haye pas dans des discussions à Genève et ailleurs. Au moins, ces démocraties montreraient qu’elles sont à la hauteur de leurs prétentions. Mais, il s’agit d’un vœu pieux.

Yehezkel Ben-Ari

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