Face à l’échec des traitements actuels contre les tumeurs cérébrales les plus agressives, une équipe franco grenobloise-marseillaise dévoile une double thérapie innovante associant deux médicaments anticancéreux génériques le mébendazole et la bumétanide. Le premier tue les cellules cancéreuses et le second bloque l’hyperactivité et les métastases. Le combo a été breveté par B&A-Oncomedical, une start-up dédiée aux traitements de tumeurs. Testée avec succès par des travaux précliniques et validée dans un essai clinique vompassionnel, cette approche dont les résultats sont publiés en accès libre dans 2 revues scientifiques (Cancer research et Annals of case reports), pourrait ouvrir une nouvelle voie dans le traitement des tumeurs cérébrales les plus agressives, ciblant à la fois la tumeur et son environnement pro-invasif.
Grenoble / Marseille, le 10 juillet 2025- Malgré les progrès en neurochirurgie, radiothérapie et imagerie, les tumeurs cérébrales agressives, et notamment les glioblastomes, restent très résistantes aux traitements et associées à un pronostic sombre. Une équipe francaise située à Grenoble et Marseille pilotée par les Pr François Berger (CHU de Grenoble – INSERM U1205) et Yehezkel Ben-Ari (B&A-Oncomedical, Marseille) ouvre une nouvelle voie thérapeutique basée sur une combinaison de deux médicaments génériques anticancéreux aux effets complémentaires, agissant sur des cibles différentes, le mébendazole et la bumétanide.
Un double mécanisme d’action inédit
Il n’y a pour l’instant aucun traitement efficace des tumeurs cérébrales notamment des Glioblastomes (GBM) avec une espérance de vie faible après chimio & radiothérapie. Les innovations en immunothérapie et car t-cells commencent a donner de bons résultats dans des cancers périphériques, mais n’ont pas montré d’efficacité sur les tumeurs cérébrales et ont un coût très élevé qui pose problème pour les pays riches et sont inaccessibles pour la majorité des pays.
Pourquoi le cerveau quelque part sort il du lot? Il apparaît que la plasticité réactive joue un rôle majeur. En effet, la tumeur cérébrale est envahie par le voisinage avec des connections synaptiques qui se forment , générant de l’hyperactivité cellulaire qui aggrave le pronostic. En clair, la tumeur n’est pas un monde clos et le cortex avoisinant n’est pas innerte, comme toujours, les neurones bourgeonnent et envahissent le voisinage y compris en formant des connections aberrantes. Encore plus imppressionant, ces neurones en dehors de la tumeurs redeviennent « jeunes » en quelque sorte dotées de propriétés de cellules immatures. Ainsi, le GABA qui inhibe les neurones adultes et excitent les jeunes, retrouve une « jeunesse » excitant les cellules de la tumeur à cause de taux élevés de chlore et une activité excessive de notre ami surlequel je me suis souvent exprimé -le cotransporteur NKCC1 qui en étant hyperactif augmente les taux de chlore dans le neurone. Du coup, cette connection aberrante génère de l’hyperactivité neuronale et des activités épileptiques qui augmentent la sévérité de la tumeur ». En fait, un faisceau important de données illustre l’importance de l’activité cellulaire dans le processus metastatique. Clairement, on ne peut pas traiter uniquement la tumeur, il faut aussi bloquer l’hyperactivité du voisinage.
Partant de cette double nécessité, j’ai proposé à mon collègue de Dr Berger (CHU Grenoble) de faire des essais basés sur une combinaisons de 2 droques génériques: la bumétanide qui en bloquant NKCC1 va atténuer/ bloquer l’hyperactivité et le Mebendazole – un antihelminthe connu pour ses activités anti-cancéreuses produites en détruisant le squelette des cellules. Une étude bibliographique confirme des actions très prometteuses de la Bumétanide notamment pour traiter les Glioblastomes- une forme particulièrement sévère totalement pharmaco-résistante. Pour détruire les cellulaes tumorales, une molécule couramment utilisée pour traiter les vers intestinaux (taenia tecta) s’est imposée , elle agit sur le cytosquelette cellulaire. Une équipe de chercheur de l’Université de Baltimore (USA) a effectué des essais cliniques pilotes montrant une action bénéfique sur le Glioblastome. Il m’a semblé important d’associer les 2 agents afin d’accroître leur efficacité via une double action. Cette idée nouvelle a été validée par l’obtention d’un brevet mondial sur l’utilisation de ce combo dans le traitement de cancers.
Des résultats précliniques et cliniques complémentaires
Des études pré-cliniques ont été menées sur des modèles animaux puis sur des tissus humains post-opératoires (glioblastomes, méningiomes, métastases, etc.). Elles confirment l’effet synergique de la combinaison des deux molécules sur les cellules cancéreuses : ensemble, elles détruisent la majorité des cellules tumorales et bloquent l’hyperactivité environnante, avec une efficacité supérieure à chaque molécule utilisée seule ; des résultats publiés dans la revue Cancer Research Journal et consultables ici : www.sciencepg.com/article/10.11648/j.crj.20251303.12
Un cas clinique marquant publié dans Annals of Case Reports, chez Gavin Publishers, montre des résultats semblables chez une patiente atteinte d’une tumeur cérébrale métastatique inopérable, en échec thérapeutique complet, qui a reçu cette combinaison en traitement compassionnel. Résultat : disparition rapide des douleurs, amélioration des fonctions motrices et visuelles, réduction significative de la tumeur en deux mois, sans effets secondaires notables. L’amélioration clinique a été maintenue pendant sept mois. L’article est en libre accès et consultable en ligne ici : www.gavinpublishers.com/assets/articles_pdf/Treating-Aggressive-Brain-Tumorswith-the-Combo-BumetanideMebendazole-A-New-Cytotoxic-Anti-Invasive-Network-Strategy.pdf
Un espoir concret grâce à des traitements déjà disponibles
Cette approche anti-invasion et cytotoxique simultanée marque un tournant : elle cible non seulement les cellules tumorales, mais aussi le « réseau » cérébral qui favorise leur progression. Et surtout, elle se distingue par l’usage de médicaments génériques, déjà disponibles sur le marché, ce qui la rend potentiellement accessible, peu coûteuse et ouvre la voie à une médecine de précision fondée sur le repositionnement de molécules existantes. Le combo a été breveté par B&A-Oncomedical, une start-up dédiée aux traitements de tumeurs. Un essai multicentrique de phase I (BM-CAN) est désormais en préparation pour confirmer la sécurité et l’efficacité de cette double thérapie en association avec les traitements standards.
Le saviez-vous ? Un essai compassionnel permet d’administrer un traitement non encore homologué à un(e) patient(e) en situation critique, lorsque toutes les options thérapeutiques classiques ont échoué. Ce dispositif exceptionnel, encadré par les autorités de santé, offre une chance supplémentaire à des patients sans autre recours, tout en permettant de recueillir des données cliniques précieuses pour la recherche. C’est dans ce cadre que la combinaison mébendazole/bumétanide a pu être testée chez une patiente atteinte d’une tumeur cérébrale inopérable.
Un espoir concret grâce à des traitements déjà disponibles
Cette stratégie anti-invasion et cytotoxique simultanée marque un tournant : elle cible non seulement les cellules tumorales, mais aussi le « réseau » cérébral qui favorise leur progression. Et surtout, elle s’appuie sur des médicaments bien connus, génériques, donc accessibles et rapidement mobilisables.




