Dans ce travail (1), les auteurs ont examiné les relations possibles entre le métabolisme et la nourriture consommée pendant la grossesse, et en particulier pendant la 24^e semaine (environ 6 mois de gestation), et l’incidence de maladies neurodéveloppementales, comme l’autisme et le TDAH. L’étude a consisté à examiner le développement des enfants à l’âge de 10 ans chez une cohorte de 508 femmes ayant suivi un régime occidental (le type de nourriture était rapporté par les personnes impliquées dans le projet). L’étude établit une relation entre ce type d’alimentation et l’incidence de l’autisme et de l’ADHD.
Ils se sont basés sur trois cohortes (n = 59 725, n = 656 et n = 348) de données basées sur le type de nourriture que les mères ont dit consommer. Ils ont ensuite établi des modèles de métabolomique sur le sang maternel et fœtal à partir de ces menus et identifié 15 métabolites qui augmentent de façon significative le risque d’ADHD. L’étude confirme l’association entre la consommation de nourriture occidentale durant la deuxième moitié de la grossesse et l’incidence de troubles du développement. Les facteurs identifiés incluent la consommation de graisse animale, de boissons sucrées énergisantes, et sont négativement corrélés avec la consommation de fruits, de légumes et de poissons, bref, une nourriture saine. Bien entendu, ces corrélations sont complexes, car elles sont également liées à d’autres facteurs aggravants, tels que l’obésité, le tabagisme et une prédisposition génétique potentielle.
D’autres études, notamment norvégiennes (plus de 77 000 mères), ont mis en évidence les effets négatifs d’une alimentation industrielle pendant la grossesse. Certains métabolites microbiens pourraient avoir un effet positif en réduisant les risques de maladies développementales, peut-être en limitant l’inflammation et en favorisant une relation précoce cerveau/microbiote. Les auteurs insistent sur les limites de la vision géno-centrée qui ignore l’importance de l’environnement, notamment la nourriture pendant la grossesse. À l’évidence, cette période de la moitié de la grossesse semble particulièrement sensible et vulnérable aux effets de la nourriture consommée. Il est donc important d’adapter l’alimentation à cette période afin de réduire l’incidence croissante des troubles du développement. D’autres travaux soulignent d’ailleurs aussi le lien entre le milieu socio-économique et les désordres développementaux probablement liés aux mêmes types de facteurs. Certes, la complexité des interactions rend difficile de conclure de façon certaine, comme dans toute étude épidémiologique, mais les données sont suffisamment explicites et claires pour être fiables. Le message est sans équivoque : protéger la grossesse reste l’une des meilleures approches pour réduire ces désordres, et cela passe aussi par la nourriture. Dans une série de petites vidéos, on voit la beauté et la complexité de ce qui se passe dans le ventre de maman. Il s’agit d’un véritable entraînement aux gestes futurs (2).
1) https://www.nature.com/articles/s42255-025-01230-z.epdf?sharing_token=lvS3wUCV-amlCunc4cfycdRgN0jAjWel9jnR3ZoTv0NJhCjo7AkubRrD2Sf0n4jWpvZ2_3vitnsXkHhTk7osr8UotlMMsHvp_Kj1X5-EI8cTM3PIwcx6gXbfPYxQjLn5YoHk8IaNog5JZLitxVyT7vItijzk9mz9aMW3N5PZ4m8%3D
2) https://www.linkedin.com/posts/alexandre-mensier-6a454a10a_maman-bebes-loveyou-activity-7286825141953519616-vlUV/




