L’équipe du Dr Chedotal (Institut de la vision Paris) a déjà montré ses extraordinaires capacités à étudier la maturation cérébrale avec un outil qu’elle maitrise et exploite de façon magistrale : le Light sheet ou Microscope a balayage. Exploitant sa proximité et les liens qu’il a développé patiemment depuis quelques années, Alain Chedotal a pu avoir accès à des embryons humains (interruption de la grossesse) entre la 5ème et la 13ème semaine post aménorrhée. La technique consiste à fixer les spécimens puis à les rendre transparents en dissolvant les lipides et matières grasses. Ceci permet de voir en 3D toutes les structures aussi bien neuronales que vasculaires ou musculaires et osseuses. Cette technique que cette équipe maitrise bien avec les outils nécessaires en termes de marqueurs biologiques et capacités d’analyse et d’identification structurales est très adaptées à disséquer la maturation. Les questions posées portent aussi bien sur le développement de chaque composante que sur comment elles interagissent progressivement au cours de la maturation. On aperçoit par exemple comment l’irrigation et l’innervation de telle ou telle structure se fait (les glandes lacrymales par exemple essentielles pour la production de larmes, de l’homéostasie de la cornée et de la vision). Ou encore le développement des vaisseaux qui vont irriguer le cou et la tête.
Dans ces travaux, les auteurs utilisent une large panoplie de marqueurs immunologiques permettant d’identifier les protéines qui interviennent dans ce développement. Sachant que les désordres congénitaux concernent 3% des naissances, la constitution de ces atlas devrait permettre si ce n’est de guérir ces malformations, du moins à les identifier et possiblement un jour d’intervenir in utero afin de les corriger. Il est évident que savoir quand et par quelles protéines ces malformations naissent est indispensable afin d’aller de l’avant. on espère que ces avancées – pour une fois largement Françaises- auront un jour des applications thérapeutiques mais de toute façon elles ont déjà des implications scientifiques cognitives importantes.




