On se pose souvent la question comment concilier 2 domaines aussi éloignés que la science et la foi. Dans la 1ère, il n’y a pas de certitudes absolues et toute proposition /loi peut être remise en cause par de nouvelles données et c’est d’ailleurs de cette façon que nos connaissances progressent. Dans la seconde, il y a des dogmes qui ne nécessitent pas d’être démontrées et restent toujours valables. Pour ma part, c’est la réponse de Dieu a Job qui m’a toujours amené à rejeter l’impact de la religion ou dirai-je les religions en tout cas monothéistes. En effet, on se souvient que Job, un fervent serviteur de Dieu qui a eu d’un coup tous les malheurs à cause du Diable qui a mis au défi celui-ci de rester fidèle à Dieu si des malheurs lui rendaient la vie difficile. Du coup, Job a tout perdu, famille, biens etc. mais est resté fidèle à Dieu. Dans un merveilleux chapitre du livre de Job, celui-ci demande a Dieu des explications et celui-ci lui répond que lui Dieu à compter les gouttes d’eau dans les océans et les grains de sable dans les déserts et sait des choses que l’homme par définition ne peut pas savoir. En clair, il y a des questions qu’il ne peut pas poser. Or là, il me semble intervient la critique du scientifique et l’indomptabilité avec la science. Car, nous pouvons librement poser n’importe quelle question y compris et peut être surtout si la réponse est loin d’être évidente.
Le Pasteur Georges Lemaïtre est une exception dans ce domaine. Pasteur et scientifique hors norme, il est à l’origine de la théorie du Big Bang mais aussi de l’expansion de l’univers. Cette dernière a été publiée 2 ans après lui -mais en anglais- avec l’idée qu’elle a été découverte outre atlantique…comme souvent. « Prêtre catholique à la foi profonde, Georges Lemaître rejetait le concordisme, c’est-à-dire l’exégèse des textes bibliques telle qu’ils soient en accord avec les connaissances scientifiques. « Il considérait que science et foi sont « deux chemins vers la vérité », légitimes, mais que l’on ne peut absolument pas mélanger, car il s’agit de deux approches différentes ». Même le Big bang ne lui posait pas de problèmes avec la création par Dieu de l’univers. « J’ai trop de respect pour Dieu que pour le transformer une hypothèse de la physique ».
Du côté de l’Église, les découvertes de Georges Lemaître n’ont jamais posé de problème. « Il a toujours été estimé des papes Pie XI, Pie XII, Jean XXIII et Paul VI », dévoile Dominique Lambert. Il fut nommé à l’Académie pontificale des sciences dès sa création en 1936, et il en fut le président en 1960, recevant à cette occasion le titre de prélat. L’église a montré plus de tolérance qu’avec Galilée quelques siècles auparavant. Esprit en avance sur son temps, libre et apparemment tolérant et excellent enseignant, il a montré que la religion pouvait aussi être tolérante et ouverte – comme les scientifiques comme Einstein qui l’ont apprécié. Les temps ont malheureusement bien changé.
Photo : Robert A. Millikan, Georges Lemaître et Albert Einstein à l’Institut de technologie de Californie, janvier 1933 / Domaine Public




