Depuis 4 décennies, on nous explique que quasiment tout est génétique : cela va du « sérieux » sur les maladies, ou du niveau du Noble de la bêtise – identifier en France les adeptes du beurre salé ou sucré ou encore la capacité à tenir des baguettes dans les populations de San Francisco pour s’apercevoir que les habitants de Chinatown sont meilleurs ! ou encore, est ce que le fait qu’un jeune aime les chiens est d’origine génétique? idem pour la religiosité!
je vais traiter dans un autre texte de l’inadéquation et des erreurs de ceux qui pensent que l’autisme et d’autres syndromes d’origine cérébrale sont dus à des mutations génétiques. ici, je vais juste rappeler l’importance de l’épigénétique. En effet, parmi les nombreux facteurs que ces adeptes de la génétique ignorent, il y a l’épigénétique. En résumé de façon excessivement succincte, l’allumage ou l’extinction des gènes n’est pas faite de façon anarchique, il y a des mécanismes de contrôle qui décident du moment approprié. Ces mécanismes sont excessivement importants car ils décident in fine de l’activation de l’information génétique. des travaux récents montrent que l’hérédité n’est pas exprimée uniquement par la séquence génétique -l’ADN. il y a des « hérédités » non génomiques observées sur des plantes, des invertébrés et des vertébrés y compris les mammifères et l’homme. Ils sont liés à des facteurs environnementaux , la pollution, le stress, et une pléthore d’autres facteurs et contrôlent l’expression de maladies variées comme le diabète, les maladies cardiaques mais aussi des désordres d’origine cérébrale comme les dépression, l’addiction, l’anxiété ou la peur. Elles sont transmises sur plusieurs génération sans que la séquence génomique ne soit impliquée. Ainsi, un stress dans la période néonatale va se traduire sur plusieurs génération par des effets délétères et notamment une sensibilité accrue au stress. un cas célèbre est celui de ces villages hollandais affamés et assoiffés, pendant presque 1an, et les femmes qui étaient enceintes ont accouché d’enfants qui sur plusieurs générations avaient des maladies notamment cérébrales.
En résumé, la complexité et la richesse de la séquence génomique n’est rien sans le contrôle par l’épigenèse qui contrôle son expression et exprime toute sa plasticité. Pour rappel, notre ADN n’est pas plus riche que celui d’un grain de maïs et récemment un dipneuste un poisson « à poumon dit Lungfish » préhistorique capable de respirer dans l’eau et dehors. Il s’agit de poissons proches des Tétrapodes -animaux à quatre membres dont nous faisons partie – qui se sont hissés de l’eau il y a 400 millions d’années. Leur ADN est 30 fois plus riche que le nôtre. ils ont un système complexe de « transposons » des séquences ADN répétées capables de se multiplier seules, un espèce de bouts de phrases copiés et collés à l’infini dans le livre du génome sans rapport avec la phrase dans laquelle elles se trouvent. On ne comprend pas bien l’avantage que cette organisation complexe lui a apporté mais cela illustre bien les limites de l’importance du nombre d’éléments dans le génome.
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